Dominique A
Du grand A
Les années se suivent et se ressemblent, et les albums de Dominique A viennent régulièrement bercer nos journées de leur mélancolie douce amère. Et même si depuis presque vingt ans et huit albums, nous pensions connaître la Musique, le dernier en date sorti en 2009, chaque nouvelle production du Nantais d’adoption sonne comme une inoubliable surprise. Normal, alors, que chacun de ses concerts soit celui de l’Ané.
Comme ses amis de la poésie pop française, Dominique A possède un style inimitable. Il y a l’âne anar givré Philippe Katerine et ses chansons oulipiennes ; l’écrivain racé Miossec et ses maudits mots dits tombant au champ lexical d’honneur ; Yann Tiersen et ses ritournelles tournant dans notre tête comme la roue d’un vélo sur les sentiers douaniers de Bretagne. Et, donc, Dominique A. Des quatre larrons, le Nantais a certainement hérité de la partition la plus difficile à jouer, et pourtant…
Le moral dans la Fossette
C’était il y a presque vingt ans, et l’on ne peut s’empêcher de penser qu’il dut faire preuve d’une sacrée dose de courage pour chanter Le courage des oiseaux. Une voix et des textes laissant affleurer une sensibilité presque féminine, des arrangements minimalistes laissant mieux percer les horizons romantiques… En solo derrière un synthé ou avec sa guitare, Dominique Ané nous mettait le moral dans La Fossette dès son second coup d’essai. Mais qui dit fossette dit malin sourire, que nous esquisserons à sept reprises encore. Pas marris que l’auteur d’Auguri n’en n’ait pas marre, nous laissant augurer d’autres instants de pur bonheur.
« Chaque jour est comme le dimanche / Chaque jour est silence et gris » chantait jadis chantait un autre poète maudit, anglais cette fois : Morrissey. Prions pour que chaque jour soit comme le dimanche, silence et gris, à peine troublé par les Bruits blanc de l’été, légèrement coloré par les bleus de l’A…me.




