Alan Stivell

L’Armor en Héritage

Photo 1 Alan Stivell

Le demi-siècle de carrière affiché au compteur d’Alan Stivell pourrait en laisser plus d’un perplexe. Et pourtant, la longévité n’a pas fait de l’icône bretonne un barde à papa. Bien au contraire, la star continue d’inscrire la tradition celtique dans une modernité musicale universelle. À quand un festival Alan Stivell ?

Presque cinquante ans de carrière… Et dans cette carrière, que de pépites à la valeur inestimable ; de pierres roulantes parties amasser mousse vers d’autres horizons musicaux ; de menhirs pointant fièrement leur flèche vers la grandeur et la singularité de la culture bretonne. Pour l’ensemble de son œuvre, Alan Stivell mériterait, sinon un Granit award, au moins son propre festival. D’être déclaré citoyen universel même, tant sa pop celtique participe d’une philosophie humaniste et fraternelle.

Immigrant songe

Pourtant, ce n’est pas dans le berceau d’une ville celte, mais au pied d’un volcan d’Auvergne, qu’Alan prendra son élan. Enfant de l’émigration bretonne, c’est au fond d’un Puy de Dôme qu’Alain Cochevelou ira chercher l’inspiration qui le mènera ensuite vers les sommets. Les notes et les mots brillants d’un Morbihan immortel au cœur du petit homme. L’exil fortifie les racines ? Son père luthier fera vibrer encore davantage la corde sensible d’Alan Stivell pour la musique bretonne en sortant la harpe celtique d’un sommeil de plusieurs siècles.

Le jour d’Alan

 Chanteur, multi instrumentiste, l’artiste n’a pas son pareil pour passer du coq à l’âne musical, de bombarde en cornemuse, de tin whistle en harpe électronique ou électrique. De Harpe celtique (1964) à Emerald (2009), sa discographie ressemble à mille et un contes dont il serait impossible de faire le récit. Les collaborations raisonnées (les sœurs Goadec, Glenmor…) ou plus osées (Kate Bush, Idir, Simple Minds…) irisent d’ailleurs encore un peu plus un parcours aux mille couleurs musicales. Nous retiendrons simplement qu’à l’aube des années 70, il donna avec Reflets le coup d’envoi d’un phénomène musical qui révolutionnera, et révolutionne encore la Bretagne. Des Reflets dans lesquels se regardent encore fièrement les jeunes générations, et portant bien au-delà des frontières armoricaines pour aller remplir les stades d’Europe et d’ailleurs. Stivell ne signifie pas « source jaillissante » pour rien ! L’artiste mériterait amplement que chaque année, en Bretagne, on célèbre le jour d’Alan.