Cécile Corbel

Harpiste aux étoiles

Photo 1 Cécile Corbel

Avec sa crinière de feu, Cécile Corbel ne passe pas inaperçue. Pourtant, c’est le plus discrètement du monde que la jeune fée finistérienne assure, de la voix ou penchée sur sa harpe, la relève d’une tradition bretonne plus hors du temps que jamais. Si l’on inventait une rose rousse, il faudrait l’appeler Cécile Corbel.

Cécile Corbel est une Bretonne pure beurre, mais c’est à une belle hellène qu’elle doit d’avoir été harponnée par la musique. Élisa Vellia, harpiste grecque, auprès de qui elle fera d’ailleurs ses gammes. Joueuse de lyre, donc, la jeune fée finistérienne possède également une voix, étrennée dans les pubs parisiens, dans les rues de la capitale, et au Ty Jos bien sûr, lieu de passage obligé des Bretons exilés en Ile de France, où elle donnera son premier concert officiel, en 2002.

2002… La relève de toute une région est donc assurée par une jeune fée aux cheveux de feu dessinant des arcs-en-ciel de notes envoûtantes. Quelque part entre Noah et Yael Naïm, Cécile Corbel pince les cordes de son instrument avec une délicatesse n’ayant d’égal que sa voix cristalline. Nous nous pinçons le bras pour être certains de ne pas rêver, mais ses albums sont là pour nous rassurer. Un premier six titres en 2005. Un premier Songbook, sorti l’année suivante, dans lequel elle fend les airs bretons, gallois et irlandais. Un second, édité en 2008, dans lequel elle signe comme compositrice dix des douze titres.

 Les couleurs de l’arc-en-celte

 Qui d’autre alors, que la jeune trentenaire pour incarner la Reine et l’éternelle héroïne de toute une région ? En 2009, elle sera donc Anne de Bretagne, aux côtés de Tri Yann et de Fairport Convention dans le grand opéra rock donné au château des ducs de Bretagne, à Nantes. Un album sera également enregistré, dans lequel s’entendent les reflets orangers de sa voix, parmi deux cents autres musiciens.

Mais le conte de fée serait trop simple, et notre harpiste aime trop le hors-piste pour se contenter des sentiers douaniers d’Armorique. Elle voyait récemment ses desseins s’animer au pays de Chihiro en signant la bande originale d’Arietty, le petit monde des chapardeurs. Un soleil levant roux comme la Breizh, évidemment.