Denez Prigent

Electro Breizh

Photo 1 Denez Prigent

Nul autre que lui n’a su trouver dans les musiques actuelles la force de la tradition bretonne. Maître de cérémonie des festou-noz dansés à 170 bpm, Denez Prigent a su oser l’electro noz. Bien lui en a pris : Denez a rencontré un damné succès.

C’était en 2006. Les veinards présents dans le parc Chaoyang de Pékin s’en souviennent comme si c’était hier. La prestation de Denez Prigent, à l’affiche des Transmusicales sino celtiques, fit se fissurer d’émotion les vases ming de la cité impériale, ainsi que des spectateurs abasourdis d’entendre cette musique venue de nulle part.

De Santec à la techno

 C’est vrai que le noz de Denez dénote, pas besoin d’aller en Chine pour s’en rendre compte. De Santec, son village natal, à la techno, le Finistérien a su insuffler à la musique traditionnelle bretonne une modernité jamais démentie depuis. À l’origine, les champs de prédilection de Denez Prigent sentent bon le blé noir, récolté à la manière des anciens : le kan ha diskan, chants et contre chants à danser, et les gwerz, ces complaintes racontant un fait historique, n’ont en effet bientôt plus de secrets pour lui.

Mais c’est en mettant de la diode électronique dans l’iode de sa Bretagne éternelle que l’artiste finit par trouver sa griffe. Venu à la langue bretonne par sa grand-mère, c’est dans les instruments universels et les musiques d’ailleurs qu’il achève donc de trouver sa place ici, en Bretagne. « Savez-vous danser la techno, à la mode de chez nous », pourrions nous dire. En 1993, c’est donc sur la pointe des pieds qu’il se rend à la première rave party organisée à Rennes, après une participation au festival Voice of Asia au Kazakhstan, et une première scène aux Transmusicales. Une révélation, annonçant une petite révolution musicale : Denez Prigent découvre une musique techno qui, comme sa cousine bretonne, est au service de la danse, ainsi que des similitudes au niveau du rythme et des notes souvent rapprochées. L’electro noz était née, jamais trop Breizh, et qui ne cessera plus dès lors de sillonner les festivals du monde. Quatre albums plus loin, le Breton a largement démontré que l’on pouvait danser le plinn à 170 bpm. Le spleen peut aller se faire voir, le noz futur, c’est maintenant !