Dom Duff

Digne, dingue, Duff!

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La Bretagne ne compte plus ses apôtres, ses chantres, ses ambassadeurs et ses défenseurs. Lui manquait encore l’icône rebelle. C’est chose faite depuis le tournant du nouveau millénaire. Dom Duff et sa power folk ont ouvert une nouvelle voie dans la culture bretonne, aussi engagée qu’enragée. Un sacré supplément de hargne pour la Bretagne.

La musique de Duff est une musique de « ouf » disent les plus jeunes. Pour la refaire à l’endroit, la folk de Dom est une folk de fou ! Mais avant de sortir de son abri côtier et dévaler seul hors des sentiers battus de la musique bretonne, le natif de Plouescat officia pendant dix ans au sein du groupe Diwall. L’an 2000 fut synonyme de grand saut dans l’inconnu pour le héraut d’une autre musique bretonne. Une année avec trois 0, idéale pour se lancer dans une carrière solo, donc.

 Une bonne rage de Duff

 Les Anglais parlent de power folk, tant Dom Duff a le don d’ébouriffer nos oreilles à grands coups de riffs agressifs. Les textes ne sont pas en reste, taillés à la serpe dans une veine poétique volontiers frondeuse. Inventeur d’une nouvelle forme d’expression musicale bretonne, le guitariste s’est imposé en une dizaine d’années comme le songwriter que toute la région attendait. Bien plus, l’artiste a fait du breton une langue internationale, loin de la celtitude actuelle, trop formatée à son goût. La rage de Duff a donc du bon, raccourci idéal pour prendre de l’altitude. Et si cela ne suffisait pas à convaincre les sceptiques, recommandons leur les quatre albums (Straed an Amann, Lagan, E-unan et Roc’h) commis par notre voyageur enragé. Cela achèvera de les convaincre d’adopter la bonne roc’h’n’roll attitude. Les chansons tatouées de notre Dom quichotte, chevalier sans samplers et sans reproches sont désormais à eux, et tous ceux qui veulent bien l’entendre. Digne et dingue, Duff saura quoiqu’il arrive sonner les cloches du rappel.