Gilles Servat

Servat, L'Hermine de rien...

Photo 1 Gilles Servat

Humble serviteur des causes bretonnes, Gilles Servat n’en est pas moins l’un des chantres les plus en vue. L’air de ne pas y toucher, mine de rien, nombre d’enfants de l’Armor reprennent en chœur, depuis près de 40 ans, les paroles de La blanche hermine. Un hymne officieux pour toute une région, méritant bien un hommage officiel à l’adresse de son auteur.

Comme son mentor Alan Stivell, Gilles Servat n’est pas né avec un triskell dans la couche. C’est à Tarbes que notre futur barde d’origine nantaise verra le jour. De Bigorre en pays Bigouden, il faut attendre un voyage sur une île bretonne pour que Gilles Servat se souvienne de ses racines. Un chemin de Groix entamé en 1969, sans couronne d’épines mais  parsemés de beaucoup de lauriers.

 Un chemin de Groix couvert de lauriers

 Auteur, compositeur, interprète, Gilles Servat est avant tout un poète militant, défenseur de la culture bretonne et des causes universelles. Ses plus beaux faits d’art ? La Blanche hermine, bien sûr. Une chanson écrite en 1972 et devenue l’hymne officieux de toute une région. Mais aussi le bar Ti Jos à Paris, sept à sept celte obligé des Bretons de Paris, où il tiendra la barre musicale deux années durant. Une discographie impressionnante, ensuite, dans laquelle, au sommet de sa forme, il enchaîne un album par an, passant en un subtil tour de passe-passe de la rime poétique au ring politique. Parfaite image de ses états d’âme cent pour cent armoricains, l’album Comme je voudrais…, nous laissant entrevoir l’amertume gris pétrole laissée par l’écume enragée de l’Erika.

Présent sur la grande arche de Nominoé au début des années 90 pour participer à l’aventure de L’héritage des celtes aux côtés de Dan ar Braz, Gilles Servat est bien plus qu’un humble serviteur de la Bretagne. Comme Glenmor, comme Alan Stivell, il mérite largement sa place au panthéon des sauveurs de tout un patrimoine.