Miossec

Petit à petit, l'amer se retire

Photo 1 Miossec

On aurait pu penser que depuis 1995 et Boire, la source finirait bien, un de ces jours par se tarir. Mais il n’en est rien, le Finistérien n’a toujours pas étanché sa soif de verbe, pour le plus grand bonheur des copains de passion. Les mots de Miossec ne sont donc pas à sec, et c’est volontiers que l’on reprendra un vers, même si l’on doit pour cela frôler la catastrophe.

Est-ce parce que son père était plongeur pompier ? Le fait est pourtant là, accompli et finalement pas très dur à comprendre : Miossec a toujours aimé allumer des incendies sous l’eau des mots, nous noyer dans des grands feux de phrases. S’il était soldat, le « Pierrot Man » Miossec n’aimerait certainement rien d’autre que de tomber au chant lexical d’honneur. Boire, Baiser, À prendre, Brûle, 1964, L’étreinte, Finistérien. Sept album, sept merveilles d’un monde en perpétuel équilibre entre nos forces et nos faiblesses, la peur du vide et le plein d’espoir. Entre l’écrivain raté et l’écrivain racé, Miossec nous plonge sous la ligne des mots et des maux.

 Tombé au chant d’honneur

 Des poèmes transit d’amour et brûlants de fragilité, des nuits entières à compter les heures et les rares instants de bonheur, à envoyer au diable les avaries de l’âme… Que l’on songe à ses albums 100 % pure bière, c’est comme si l’auteur de Fortune de mer frôlait le naufrage à chaque mot, au creux de la houle sentimentale. Sept albums, donc, un chiffre magique, christique, clé s’il en est. Les sept péchés capitaux, les sept vertus, les sept sacrements… Mais c’est assez, Miossec en a d’ailleurs fini avec les cétacés, comme lorsqu’il s’achevait « sur les comptoirs comme une grosse baleine. » Ses poissons sont moins gros, mais la modestie n’empêchera pas les mots d’estime de notre part : le Brestois peut continuer à nous caresser avec ses tendres esses, entre le bien et le mal, l’enfer et le paradis, tout est affaire de mots dits…