Interview de Ladylike Lily

L'herbe folk

Photo 1 Interview de Ladylike Lily

Jeune femme de caractère élevée à Scaër, dans le berceau de la lutte Gouren, Ladylike Lily présentera bientôt les tendances de son nouvel album sur la scène du festival Les Embellies de Rennes. Après la folk fleur bleue du E.P Ow my own, l’heure est à l’orage électrique avec I’m terrified of being. Rencontre avec la rennaise d’adoption Orianne Marsilli.

Orianne, qu’y avait-il dans votre vie avant la musique ?

 En fait, c’est comme si quelque part, j’avais toujours su que je voulais faire ça. Ma grand-mère enseignait la danse bretonne, ma mère est harpiste… Aussi lion que mes souvenirs remontent, j’écrivais des chansons à mes poupées, et j’ai donné mes premiers concerts à quinze ans…

La Bretagne est-elle importante dans votre façon de composer ?

 La Bretagne, je ne sais pas, mais la maison de mes parents joue un rôle fondamental. Elle est perdue en pleine campagne. Dans les bois ou près d’une rivière, c’est là que je trouve mon inspiration.

Et Rennes ?

 Je suis venue à Rennes pour suivre des cours d’anglais, à l’Université Rennes 2. Comme musicienne, cette ville m’a d’abord fait très peur. J’avais l’image d’un milieu très fermé, déjà occupé par les nombreux musiciens de talents. Finalement, je suis très contente d’être ici, comme je suis très heureuse de suivre l’évolution de groupes rennais comme Manceau ou les Juveniles. Je n’oublie pas non plus que j’ai réellement démarré grâce au tremplin Mozaïc, ni le rôle de l’équipe de Patchrock qui m’a suivi dès le début. Pour finir, il existe une vraie patte locale, même si s’enfermer dans un quant à soi renno-rennais peut au final se révéler dangereux.

On parle de ta musique comme d’une folk naïve. Cela te convient ?

 On my own, mon premier disque, avait un côté bucolique assumé. J’ai eu envie de sortir des bois et de sauter du petit pont sur la rivière. La douzaine de titres de I’m terrified of being ont quelque chose de plus franc, de plus électrique. J’étais plutôt solitaire jusqu’à ce disque, pour lequel je me suis entouré de musiciens rennais de We only said, Montgomery et For damage. La fleur bleue du début est en train de devenir de plus en plus noire…

Tu as refusé une major pour distribuer ton disque… Du culot calculé ?

 L’autoproduction, c’est nickel ! Sur scène ou dans un disque, on met toutes ses tripes. Je voulais pouvoir continuer de suivre mes envies. Bon, j’ai mis toutes mes économies dans cet album, mais c’est le prix de la liberté !

 

Ladylike Lily en concert à Rennes le samedi 10 mars à l'Antipode - Festival Les Embellies du 7 au 12 mars 2012

Propos recueillis par Jean-Baptiste Gandon