O’BroZHers - Interview des Frères Guichen

Photo 1 O’BroZHers - Interview des Frères Guichen

Plus de vingt-cinq ans après leurs débuts, les grands Frères Guichen nous font toujours guincher. Après le triomphe de la reformation d’Ar Re Yaouank aux Vielles charrues, et avant la venue des deux frangins au festival Yaouank ce mois de novembre à Rennes, discussion à bâtons rompus avec Fred, un Breton loin d’être repu.

Vibrez en Bretagne :
La reformation d’Ar Re Yaouank aux Vieilles charrues, ce fut un grand moment...

Fred Guichen : Cela faisait quatorze ans que nous n’avions pas joué ensemble ! Nous nous sommes rendu compte dès notre entrée sur scène qu’il y avait une vibration énorme dans le public. Les spectateurs ont été dedans dès la première note de musique. J’ai pour ma part ressenti une bouffée de chaleur incroyable. Par la suite, beaucoup de demandes nous sont parvenues. Pourquoi pas à Yaouank ? Le festival est né l’année où nous avons arrêté…

 Quelle est l’actu des Frères Guichen ?

BroZHers, notre 4e album en tant que Frères Guichen, le 10e en tout. Ce titre pour dire que notre musique se joue des frontières, et que le régionalisme peut-être ouvert au monde. BroZHers n’est ni Anglais, ni Breton, ni Français. D’ailleurs, il compte deux invités de marque et de nationalité irlandaise : Mighty Steph, un joueur de rock blues rencontré à Dublin, et Robby Harris, un percussionniste de Gallway.

 Quel est votre secret de longévité ?

La passion nous emmène là où on veut aller, même si la fatigue peut nous saper le moral. La recette pour durer ? Varier les plaisirs, marier les grandes et petites émotions, prendre le même plaisir à jouer dans les cabarets, les fest-noz de Bretagne, ou les festivals à l’étranger. Aujourd’hui, la musique bretonne n’est pas dans un temps fort, l’océan n’est pas régulier. Certes, Nolwenn Leroy fait parler de notre région, mais ce n’est pas la même chose. La musique bretonne traditionnelle n’est pas un phénomène de mode, sinon nous ne serions plus là vingt cinq ans après.

 La relève est-elle assurée ?  

Elle l’est largement, avec Startijenn par exemple, même si l’on ne peut plus parler de relève. Nous faisons chaque semaine la découverte de choses extraordinaires. Je pense notamment à ce couple de jeunes dont j’ai oublié le nom, et qui reprennent le répertoire des montagnes noires. Cela nous fait tout drôle de réentendre ça trente ans après, interprété par des jeunes de 18 ans. Par contre, il est vrai que les groupes ont tous aujourd’hui un peu le même son. Ils sont peut-être moins militants et davantage axés sur la fiesta. On oublie un peu l’essence de notre musique, c’est-à-dire d’où vient le thème.

 La culture bretonne, qu’est-ce que c’est en deux mots?

En deux mots ? Amitié et communion. La société française se cassant un peu la gueule, notre culture continue quant à elle de se construire autour de ce socle. C’est rassurant, nous sommes en train de revenir vers beaucoup plus de simplicité.

 

Pratique :

En concert Jeudi 17 novembre, 19h, salle de la cité à  Rennes dans le cadre du festival Yaouank

En savoir plus :

www.yaouank.com

www.freresguichen.com

(Propos reccueillis par Jean-Baptiste Gandon)